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Le Sénégal des valeurs perdues (!) : Comment en est-on arrivé à cela ?

Perspectives

Le Sénégal des valeurs perdues (!) : Comment en est-on arrivé à cela ?

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Il faut être de notre génération (1952 – 53 et environs) pour pouvoir mesurer la gravité de la situation. Sans doute certains vont croire que je fais allusion aux dérives de langage. Non ! Le mal est plus profond que cela, il a gangrené les piliers de notre nation pour remettre en cause le progrès économique, politique et social.

Avant l’indépendance (1957) avec la création du PAI-Sénégal (Parti Africain de l’indépendance- Sénégal).

Ce parti continental avec des sections dans les pays sous domination coloniale avait la noble ambition de se battre pour libérer nos pays de ce joug qui, après l’esclavage, prolongeait une domination basée sur une supériorité militaire mais aussi une complicité indigène qui d’ailleurs, date de la période esclavagiste.

Néanmoins, il s’est trouvé une catégorie d’africains dont des sénégalais pour dire NON et pour revendiquer une indépendance immédiate et sans condition.

Voilà un repère historique que les jeunes des générations qui ont suivi doivent toujours avoir en esprit : des patriotes sénégalais ont compris très tôt que la domination coloniale n’avait aucune justification et qu’il fallait y mettre fin.

C’est au prix de leur carrière, leur bonheur familial, leur santé et même leur vie que ces derniers ont frayé la voie qui nous a menés à cette première phase de notre indépendance (1960) qu’on a appelé plus tard, néocolonialisme qui signifie : “Une politique impérialiste menée par une ancienne puissance coloniale vis-à-vis de son ancienne colonie, utilisant diverses méthodes d’influence et de domination, à son propre intérêt, ainsi que celui de ses entreprises”.

Durant cette période, la politique n’était pas ce métier facile de paresseux qui cherchaient le gain rapide par le copinage, le militantisme alimentaire qui consiste à rassembler des gens à ton nom où à introduire des hommes d’affaires juste pour s’en servir comme tremplin à une réussite personnelle où un enrichissement.

De 1957 à 1974, année de l’ouverture démocratique avec les 4 courants :

-socialiste pour le PS

-libéral pour le PDS,

-marxiste-léniniste pour le PAI (Maj)

-conservateur pour le MRS, les patriotes de gauche ont connu la prison, les tortures, la persécution et l’exil.

 

Deux (02) militantismes différents dont l’un doit être en guillemets, parce que faux.

 

C’est dans les années 2000, à la suite de la 1ère alternance que la dégradation des mœurs politiques et l’escalade de la corruption ont connu leurs apogées, même si avant cela, elles existaient.

Vous allez sans doute me demander pourquoi j’insiste sur ces repères politiques. Tout simplement, parce que la politique est le pilier idéologique sur lequel les hommes et les femmes s’appuient pour construire un État, afin de diriger la société.

 

A partir de ce moment, je considère que tout ce qui nous est arrivé, ou l’essentiel de ce qui nous est arrivé, n’est rien d’autre que le résultat des politiques menées de l’indépendance à nos jours.

 

Si après 60 ans (plus d’un demi-siècle), l’analphabétisme demeure encore sous le toit de la réalité politique que j’ai décrite plus haut, nous ne pouvons que connaître une société dérèglementée et arriérée sur beaucoup de plans.

L’internet est venu, pour sans doute, aider à combler des gaps, mais il en a creusé d’autres, notamment celui qui doit être comblé pour permettre une communication saine (à l’image des pays plus civilises dans ce domaine) pouvant permettre des échanges civilisés, donc tolérants et enrichissants. Malheureusement, nous assistons à tout le contraire, actuellement.

Seule l’éducation peut nous sauver du naufrage collectif auquel nous assistons.

Le khalife des Tidianes répondant au chef de l’Etat lors de son dernier passage à Tivaouane (pour renouveler ses condoléances) disait, je le cite : « Si Diamono dio khaméné bakh diekh nafi, lissi dess barétoul ! Yarr diekh nafi, lissi dess barètoul », fin de citation.

J’ai retenu mon souffle en écoutant de tels propos venant d’un guide religieux ayant traversé des générations, donc témoin de l’histoire et des mutations.

Bouleversé que j’étais, je me suis posé la question de Vladimir Lénine : « QUE FAIRE ? »

La dernière conversation que j’ai eue avec une camarade des causes justes et nobles, en l’occurrence Sister Amb Didi Dior Fall, « Human rights Ambassador at the United Nations, UNESCO Center for Peace Official partner & CEO of 1000 Shades of Women », m’a permis de mieux comprendre et accepter que toutes celles et tous ceux qui militent pour un monde positif sont dans l’obligation de prêcher pour un retour aux valeurs positives dont notre pays a besoin pour éduquer ses enfants et les placer sous une rampe de développement intégral.

Toute initiative allant dans ce sens devrait donc être saluée et encouragée. Nous nous sommes inscrits dans cette perspective dans nos conclusions d’échanges. C’est dans ce sens, et pour terminer, que je me réjouis et félicite Monsieur le Ministre, Camarade El Hadji Hamidou Kassé et ses co-initiateurs du site “PenserAgir” que je vous invite à visiter, car il s’inscrit dans cette dynamique

 

Merci !

 

Idrissa SYLLA, New York

 

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