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Créateur, Créé et « Créateur » Je/Jeu – Cré, une invitation au banquet des psychanalistes (Par Abdoulaye DIALLO)

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Chère Lydia,

Par ce courriel, je te remets mes remerciements pour toutes ces gouttes de joie que tu as semées dans mon cœur…

À tes collègues et amis, j’exprime ma profonde gratitude.

Par vos différents textes, d’une succulence toute particulière, vous avez alimenté mon cerveau, me sortant ainsi, de cette PEUR excessive, provoquée par une hystérie médiatique sur la pandémie, objet de nos échanges et thème de mes trois dernières œuvres.

Je ne commenterai pas ton texte, je vais essayer avec prudence de te remettre quelques compléments d’information sur ma démarche et quelques justifications de ce que j’ai pu dire lors de nos échanges.

« Je ne suis pas peintre/artiste »…

  • je ne suis pas un artiste parce que je ne suis pas un penseur ;
  • je ne suis pas un artiste parce que je ne suis pas un ouvrier ;
  • je ne suis pas un artiste parce que je ne suis pas un alchimiste ;
  • je ne suis pas un artiste parce que je ne suis pas un marketteur.

Je serai artiste quand je serai 4.

« il donne à ces matières tout le loisir de s’étaler et de s’exprimer en fonction de l’alchimie produite….les matières stabilisées semblent lui apporter une joie fébrile, d’enfant, il parle, il élabore en même temps et prend plaisir à suivre le chemin qu’il s’accorde avec la matière. »

Que doit le « créateur/artiste » au collectionneur /acheteur ?

Une exclusivité/Une œuvre unique

SEUL le CRÉATEUR sait offrir une exclusivité : L’HOMME qui est âme et corps (souffle et matières) est la seule œuvre exclusive, dotée d’intelligence.

Le processus de sa création (L’HOMME), se déroule dans ce merveilleux espace de la FEMME (ventre) et dure entre 7 et 9 mois, pour que l’oeuvre se présente au monde, avec tous les paramètres de transmission de l’histoire de l’humain : racines, valeurs (ADN et EMPREINTES), etc.

Ce processus m’inspire et fait que toutes mes œuvres reçoivent 9 couches de matières (acrylique, huile, sang de cactus, huile de palme, café, graines de mil, résine d’epoxy, encre, thé, etc.).

Je reçois souvent le message, le matin, sous la douche.

Arrivé sur l’île de Ngor, un clapotis, un pas sur la plage, une musique, une goutte d’eau sur une fleur, une tâche, un poème et HOP! le souffle est là , les neurones s’agitent, le déclic est donné, l’image se forme : l’œuvre va naître… la mémoire de la rétine est sollicitée, l’instant est arrêté, capté et figé dans sa durée.

Une nécessité s’impose :

  • créer un contact humain,
  • m’exprimer,
  • parvenir à la communication avec mes semblables.

Quelle que soit la force du génie du « créateur/artiste », cette nécessité fait de l’art une pratique collective, (comme pour la création de L’HOMME une pratique à 4 : (LE CRÉATEUR, LE MÉDECIN, L’HOMME ET LA FEMME) et donne à la compréhension de l’œuvre un caractère universel.

« Il n’est pas Jackson Pollock…, il prend un temps infini et méticuleux dans certains détails…

La référence à ce surréaliste René Magritte. »

Je ne suis pas Pollock et je ne connaissais pas cette oeuvre de Magritte, mais j’ai été flatté.

Ingénieur, matiériste, coloriste, trop marqué par la géométrie, rien ne me dérange d’autant que l’impact de l’art du sol qui m’a vu naître (Afrique) sur le patrimoine universel est incalculable.

Il a non seulement influencé les périodes cubiste et nègre de Picasso jusqu’aux « demoiselles d’Avignon » mais ses formes et son contenu ont aussi inspiré les dadaïstes, les expressionnistes et les surréalistes pour lesquels j’ai une admiration toute particulière. Par sa vigueur, ses formes merveilleusement géométriques et ses couleurs, l’art négro-africain offre joies et rythmes à l’univers.

Ma seule préoccupation est de considérer l’art comme une réalité matière, dans la mesure où la réalité est une œuvre d’art.

« Je m’emploie à essayer de lire sa démarche comme une écriture  »

Mon univers de « créateur/artiste » est un monde fragile qui doit être continuellement construit afin de renforcer ma conviction, afin de trouver mon identité réelle, mon être véritable aux fins de faire de chacune de mes œuvres un texte auquel se référer, comme ces peintures rupestres faites sur les trésors de nos infinies profondeurs, venus se dévoiler à nos yeux et qui ne peuvent être évalués.

Ces trésors qui expriment l’idée d’un réel insaisissable bien qu’ils se découvrent à l’œil de l’esprit, ils échappent parfois aux yeux du regard

Tels des sceaux, ils ferment les enveloppes dans lesquelles se trouvent les lettres, de plusieurs énigmes.

Imprégnés, pressés (éponge) dans les profondeurs des océans, ils informent.

Par leurs faces sculptées et leurs reliefs, ils sont des mémoires qui ont défié l’érosion marine. Ils conservent les empreintes de leurs origines (comme L’HOMME) et les transmettent à la descendance.

Ces empreintes ne sont pas le fait d’un sculpteur qui travaille l’extérieur des formes, mais plutôt le fait du CRÉATEUR qui bâtit de l’intérieur.

Si en la matière, il était permis de souligner le lien qui unit « le fait de Dieu » et culture, nous pourrions, nous devrions même nous autoriser à réfléchir sur l’auteur de la roche comme nous le faisons pour l’auteur de l’art.

Très chère, je ne suis que poussière cosmique, je ne choisis pas.

De la naissance à cet instant, je suis croyant , musulman et dans notre religion l’effort est une prescription divine.

Je veux devenir artiste

Je joue, j’aime faire tomber les étiquettes, les barrières, à travailler à l’éloignement de la réalité et à assumer mes paradoxes.

J’ai aussi 68 ans, je travaille à atteindre l’humilité c’est à dire :

  • faire de sorte que mon intérieur et mon extérieur aient valeur égale ;
  • faire de sorte que la richesse et la pauvreté aient valeur égale ;
  • faire de sorte que l’éloge et le dénigrement aient valeur égale.

Par ailleurs je travaille aussi à être un homme LIBRE, pour cela il me faut assumer ma responsabilité qui est de transmettre.

Mes œuvres enseignent, renseignent, et interpellent. Pour transmettre je ne peux pas comme certains artistes rester dans un monologue intérieur. Je ne serai pas un peintre silencieux. Je sens le besoin de parler, cette parole complète mon oeuvre.

Pour appréciation quelques œuvres rupestres et 2 séances différentes d’installation de l’ADN d’une oeuvre.

Nul ne peut copier mon œuvre.

 

Abdoulaye DIALLO

Lebergerdeliledengor

Fait à Dakar, le 7 mai 2020

 

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